dimanche 28 octobre 2018

ORS d'ASIE - Musée des Arts Asiatiques, Nice


 "Tout ce qui brille n’est pas or."


 "Le métal précieux semble omniprésent dans l’art de l’Asie comme le montre ce florilège d'objets."


 "Cependant il demeure rare et circule avec parcimonie."


 "Aux prémices de la puissance de l’empire chinois, pays pauvre en or, 
les populations qui jouxtaient les espaces incontrôlés des steppes étaient fascinées par ce métal rare." 


 Tout au long de l’histoire cependant c’est le bouddhisme qui, dans l’ensemble de l’Asie, 
suscite une abondante floraison d’œuvres dont la dorure est riche de résonances symboliques."


 "La dorure au mercure des sculptures de bronze de Corée, du Tibet, du Népal, de Chine, etc.,
  

 la dorure des statues laquées de noir du Vietnam ou des sculptures de bois du Japon
  

 en sont autant d’images saisissantes."
  

 "Inaltérable, l’or confère l’éternité à la copie des textes saints."


Texte : [http://www.arts-asiatiques.com/fr/accueil/actualite/actualite/?actu_id=82]
Photos : MSChirca


 L’exposition temporaire Ors d’Asie, en partenariat avec le musée Guimet (Paris), 
est présentée du 9 juillet au 25 novembre 2018 au Musée des Arts Asiatiques de Nice.  


dimanche 21 octobre 2018

Musée océanographique de Monaco - Le poisson "chrirurgien" (?!) et autres espèces exotiques

 « De la zone tropicale si colorée au charme envoûtant de la partie méditerranéenne, 
le Musée océanographique vous invite à observer le monde sous-marin dans sa vérité la plus absolue. »
[https://www.oceano.mc/fr/aquariums]


« Le chirurgien jaune (Zebrasoma flavescens) est un poisson d'eau de mer de la famille des Acanthuridae 
qui vit dans les récifs coralliens du Pacifique et de l'océan Indien. »
[https://fr.wikipedia.org/wiki/Chirurgien_jaune]


« Leur long museau effilé leur permet de manger des algues profondément enfouies dans le corail. 
Comme les autres chirurgiens (ce qui leur donne leur nom commun), il présente une épine à côté de la queue. »
[https://fr.wikipedia.org/wiki/Chirurgien_jaune]


« La nuit, l'avant de leur corps prend une teinte sombre avec une barre blanche horizontale, 
coloration qui disparaît dès que le jour revient. »
[https://fr.wikipedia.org/wiki/Chirurgien_jaune]



 «  En un seul lieu, venez découvrir les espèces étonnantes de la Méditerranée, 
l'incroyable diversité des habitants du récif corallien et le monumental Lagon aux requins. »
[https://www.oceano.mc/fr/aquariums]









Musée océanographique de Monaco
Av. St-Martin . MC 98000 Monaco
Billets musée : 16,00 € (haute saison) ; 14,00 € (saison) ; 11,00 € (basse saison)
[https://www.oceano.mc/mailings/TarifsMusee.html]

lundi 15 octobre 2018

Saint Bernard "2 en 1" - Louis Bréa, Retable de Saint Nicolas (1500) - Cathédrale de Monaco (2/3)


Sur la partie gauche du Retable de Saint-Nicolas, Louis Bréa peint
en haut : saint Jean-Baptiste à côté de l’ange Gabriel ;
en-dessous d’eux : saint Michel (aux cheveux blonds) et saint Stéphane ;

 et à gauche, de haut en bas : sainte Barbara, saint Bernard, sainte Claire et sainte Dévote.


 Le fait que saint Jean-Baptiste apparaisse à côté de l’ange Gabriel (peint dans la scène de l’Annonciation - voir ici) 
rappelle que cet archange a annoncé la naissance de Jean à son père, Zacharie :

« Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui. Mais l'ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. […] Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle »
[Luc 1. 11-13, 19]


Les mots écrits sur la banderole que tient saint Jean-Baptiste,
ECCE AGNUS DEI, ECCE QUI TOLLIT PECCATA MUNDI,
font référence à un autre texte des Évangiles :

« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit :
VOICI L'AGNEAU DE DIEU, QUI ENLÈVE LES PÉCHÉS DU MONDE. »
[Jean 1. 29]


Dans le coin en haut à gauche est représentée sainte Barbara ou Barbe la grande martyre, morte en 306 ap. J.-C. 
La tour à trois fenêtres que sainte Barbe tient dans sa main gauche rappelle sa légende.

Furieux car sa fille, Barbe (ou Barbara, en grec et en latin), décide de se consacrer au Christ, son père l’enferme dans une tour à deux fenêtres. 
Barbe fait percer une troisième fenêtre à la tour pour représenter ainsi la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). 
Même sous torture, elle ne renonce pas à la foi chrétienne et, après maints supplices, elle est décapitée par son père.

Comme tous les saints martyrs (voir sur ce retable aussi saint Stéphane), 
sainte Barbe porte dans sa main une branche de palmier : la palme du martyre.


Pour saint Bernard, Louis Bréa fusionne en une seule image deux personnages :
saint Bernard de Clairvaux et saint Bernard de Menthon.

Saint Bernard de Clairvaux, alias Bernard de Fontaine (1090-1153), est le fondateur, à l’âge de 25 ans, de abbaye cistercienne de Clairvaux en Champagne. Ici il impose une discipline sévère, loin de tout faste, pour « que rien ne détourne l’œil de Dieu », selon ses dires. 
En 1128, lors du concile de Troyes, Bernard de Clairvaux joue un rôle important dans la rédaction des règles de vie des Templiers.

Louis Bréa représente saint Bernard de Clairvaux avec sa crosse d’abbé et 
portant la coule - vêtement très ample, à longues manches - de couleur blanche, spécifique aux cisterciennes. 
Le saint tient dans sa main un livre entrouvert, signe de sa grande érudition.

À noter que dans l’iconographie de Bernard de Clairvaux, le saint porte habituellement « sur la main gauche une église — ou une châsse d'orfèvrerie — symbole de la fondation de Clairvaux » [1].


En plus, un petit diable noir, accroché en bas à la crosse du saint, fait référence à saint Bernard de Menthon.


Saint Bernard de Menthon (1020-1081), né à Menthon, sur le bord de lac d’Annecy, est celui à qui on attribue 
l’édification en haute montagne de deux refuges pour les pèlerins qui traversaient les Alpes pour arriver à Rome : 
le Grand-Saint-Bernard et le Petit-Saint-Bernard. Même si cette attribution donne lieu à de nombreuses discussions [2], 
saint Bernard de Menthon est considéré comme le Saint patron des montagnards et des alpinistes.

Le fait que saint Bernard de Menthon soit représenté avec un diable enchaîné à ses pieds rappelle la légende selon laquelle les démons du col de Mont-Joux (Joux, alias Jupiter ; aujourd’hui, col du Grand-Saint-Bernard) « prélevaient une dîme constituée d'un pèlerin sur dix, qu'ils emportaient pour le dévorer » [2]. Au moment où saint Bernard arrive près de la statue de Jupiter érigée à l’époque au sommet du Mont-Joux, le diable veut s'emparer de lui. Saint Bernard lui jette alors autour du cou son étole qui se transforme en chaîne. Le diable du Mont-Joux est anéanti et saint Bernard détruit la statue de Jupiter.

La représentation "2 en 1" de saint Bernard réalisée par Louis Bréa
fusionne donc l’image de saint Bernard de Clairvaux, avec sa crosse d’abbé et la coule blanche de moine cistercien, 
avec celle de saint Bernard de Menthon, dominant un diable enchaîné.


Ce cas ne reste pas unique et d’autres « représentations mêlées », ultérieures à celle de Louis Bréa, sont signalées, d’autant plus qu’avec le temps, « la réputation de saint Bernard de Clairvaux a surpassé celle de son homonyme » [3]. 
Mais le diable enchaîné accompagne toujours saint Bernard de Menthon.


Der Teufel steckt im DetailLe diable est dans les détails.
Saint Bernard – aussi...


Bibliographie sélective

[1] - Salet Francis. L'iconographie de saint Bernard à Clairvaux. In: Bulletin Monumental, tome 113, n°2, année 1955. p. 134;
https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1955_num_113_2_8181_t1_0134_0000_1
[2] - Lucken Christopher. Exorciser la montagne. Saint Bernard de Menthon au sommet du Mont-Joux. In: Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 34ᵉ congrès, Chambéry, 2003. Montagnes médiévales. pp. 99-120;
https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_2004_act_34_1_1850
[3] - https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Menthon

mercredi 3 octobre 2018

Louis Bréa, Retable de Saint-Nicolas (1500) - Cathédrale de Monaco (1/3)


Peintre primitif niçois, premier représentant de la lignée des peintres Bréa, Ludovico ou Louis Bréa est né à Nice vers 1450. 
Actif à Nice et dans l’arrière-pays niçois, à Monaco, à Gênes et sur la Riviera ligure, il est mort vers 1522-1525.

À Nice, la Monastère de Cimiez conserve sa première œuvre connue : Pietà (1475).
À Monaco, Louis Bréa met la dernière touche au Retable de Saint-Nicolas le 20 août 1500. 


L’église Saint-Nicolas de Monaco, achevée en 1321, se trouvait a l’emplacement 
du transept de l’actuelle cathédrale (dont la première pierre a été posée en 1875).



À l'époque, saint Nicolas était le saint le plus vénéré à Monaco et il était le patron de l'église paroissiale. 
C'est la raison pour laquelle le Retable de Saint-Nicolas  (202 x 260 cm) a été payé par toute la population de Monaco. 


Saint Nicolas ou Nicolas de Myre (vers 270-345) a été l'évêque de Myre en Lycie (région montagneuse, sur la côte sud de l'actuelle Turquie, à égale distance de Crète et de Chypre) . Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est capturé et torturé. Un an avant sa mort, il fait détruire, à Myre, le temple de Diane.

Sur le retable peint par Louis Bréa, saint Nicolas est assis sur un trône et tient dans sa main gauche une crosse épiscopale. 
Il lève deux doigts de sa main droite en signe de bénédiction.
 

Dans la partie centrale du registre supérieur, Louis Bréa peint un « Christ de pitié », image censée susciter la pitié du fidèle à l’évocation des souffrances endurées par Jésus. Debout dans son tombeau, les yeux fermés, Jésus Christ est veillé par la sa mère et par saint Jean.

À gauche et à droite de la scène centrale, Bréa représente l’ange Gabriel et la Vierge Marie au moment de l’Annonciation. L’unité d’action et de lieu de la scène est suggérée en utilisant la même couleur pour le mur du fond, le même carrelage pour le sol et le même encadrement pour les fenêtres qui se font face. Dans sa main gauche, l’ange Gabriel tiens une banderole sur laquelle sont écrits les mots avec lesquels il salue la Vierge : 
AVE GRATIA PLENA DOMINUS - Salut, pleine de grâce, le Seigneur (est avec toi) [Luca 1, 28].

D’une part et d’autre de saint Nicolas sont représentés saint Stéphane (une pierre sur la tête) et saint Laurent.


À droite de saint Laurent, est représentée sainte Marie-Madeleine et, au-dessus d’elle,
sainte Anne tenant dans ses bras sa fille, la Vierge Marie - un livre ouvert dans ses mains, et son petit-fils, Jésus.

Sur la partie latérale droite, de haut en bas, sont représentés :
sainte Brigitte - ou santa Brigida, tenant dans ses mains un livre et un petit crucifix rouge ;
saint Blaise - médecine et évêque de Sébaste en Arménie ;
sainte Marina - alias Marguerite d’Antioche, « hissée sur le dragon », car la légende dit
qu’elle fut avalée par un monstre, dont elle transperça le ventre pour en sortir indemne ;
sainte Cécile (?) - habituellement représentée avec un instrument de musique, absent ici.
et sainte Julie [1].


Il faut noter la présence récurrente des livres.
La Vierge Marie, dans la scène de l’Annonciation, est agenouillée devant un livre ouvert. Dans les bras de sa mère, elle lit. 
Sainte Brigitte tient un livre et sainte Cécile lit également. Vraisemblablement il s’agit du même livre, la Bible.
Saint Laurent, lui aussi, est en train de lire et la sérénité dégagée par cette image est remarquable. 
Pourtant, saint Laurent tient dans sa main droite un gril qui rappelle la légende de son martyre (brûlé à petit feu sur un gril).

Marie-Madeleine est reconnaissable par le vase de parfum, blanc comme le marbre, qu’elle tient dans sa main. 
C’est un rappel de la scène biblique dans laquelle elle verse le parfum sur les pieds du Christ.


« Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, 
et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum. »
[Jean 12, 3]


[1] (Note du 16.11.2018)

« Sainte Julie. Ce panneau du retable est celui qui pose le plus d’interrogations. Pas moins de huit saintes du nom de Julie sont en effet mentionnées dans le Martyrologe Romain. Aucun attribut iconographique ne permet de trancher ici en faveur de l’une ou de l’autre : la sainte est simplement vêtue d’un manteau rouge (signe évident du martyre) couvrant une robe bleue, retenant ses pans ainsi que la palme du martyre de la main gauche, tandis que de l’autre elle tient un livre à reliure noire, le récit de sa Passio ou les Évangiles. Comme aucun culte n’a jamais été rendu à Monaco à quelconque sainte Julie, on se perd en conjectures sur la présence de cette sainte sur le retable. » 
[Louis Bréa. Le Retable de Saint-Nicolas à Monaco, Connaissance des arts, Numéro hors-série, N° 154 du 01/10/2000, p. 24]



Pourtant, en 1912, L.-H. Labande affirmait que la sainte représentée dans ce panneau était sainte Cécile 
[Les Tableaux de la Cathédrale de Monaco peints par Louis Bréa, dans Journal de Monaco, N° 2831 du 2 juillet 1912, p. 153].

Et si ce n'est pas ni  l'une, ni l'autre ?