mercredi 3 octobre 2018

Louis Bréa, Retable de Saint-Nicolas (1500) - Cathédrale de Monaco (1/3)


Peintre primitif niçois, premier représentant de la lignée des peintres Bréa, Ludovico ou Louis Bréa est né à Nice vers 1450. 
Actif à Nice et dans l’arrière-pays niçois, à Monaco, à Gênes et sur la Riviera ligure, il est mort vers 1522-1525.

À Nice, la Monastère de Cimiez conserve sa première œuvre connue : Pietà (1475).
À Monaco, Louis Bréa met la dernière touche au Retable de Saint-Nicolas le 20 août 1500. 


L’église Saint-Nicolas de Monaco, achevée en 1321, se trouvait a l’emplacement 
du transept de l’actuelle cathédrale (dont la première pierre a été posée en 1875).



À l'époque, saint Nicolas était le saint le plus vénéré à Monaco et il était le patron de l'église paroissiale. 
C'est la raison pour laquelle le Retable de Saint-Nicolas  (202 x 260 cm) a été payé par toute la population de Monaco. 


Saint Nicolas ou Nicolas de Myre (vers 270-345) a été l'évêque de Myre en Lycie (région montagneuse, sur la côte sud de l'actuelle Turquie, à égale distance de Crète et de Chypre) . Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est capturé et torturé. Un an avant sa mort, il fait détruire, à Myre, le temple de Diane.

Sur le retable peint par Louis Bréa, saint Nicolas est assis sur un trône et tient dans sa main gauche une crosse épiscopale. 
Il lève deux doigts de sa main droite en signe de bénédiction.
 

Dans la partie centrale du registre supérieur, Louis Bréa peint un « Christ de pitié », image censée susciter la pitié du fidèle à l’évocation des souffrances endurées par Jésus. Debout dans son tombeau, les yeux fermés, Jésus Christ est veillé par la sa mère et par saint Jean.

À gauche et à droite de la scène centrale, Bréa représente l’ange Gabriel et la Vierge Marie au moment de l’Annonciation. L’unité d’action et de lieu de la scène est suggérée en utilisant la même couleur pour le mur du fond, le même carrelage pour le sol et le même encadrement pour les fenêtres qui se font face. Dans sa main gauche, l’ange Gabriel tiens une banderole sur laquelle sont écrits les mots avec lesquels il salue la Vierge : 
AVE GRATIA PLENA DOMINUS - Salut, pleine de grâce, le Seigneur (est avec toi) [Luca 1, 28].

D’une part et d’autre de saint Nicolas sont représentés saint Stéphane (une pierre sur la tête) et saint Laurent.


À droite de saint Laurent, est représentée sainte Marie-Madeleine et, au-dessus d’elle,
sainte Anne tenant dans ses bras sa fille, la Vierge Marie - un livre ouvert dans ses mains, et son petit-fils, Jésus.

Sur la partie latérale droite, de haut en bas, sont représentés :
sainte Brigitte - ou santa Brigida, tenant dans ses mains un livre et un petit crucifix rouge ;
saint Blaise - médecine et évêque de Sébaste en Arménie ;
sainte Marina - alias Marguerite d’Antioche, « hissée sur le dragon », car la légende dit
qu’elle fut avalée par un monstre, dont elle transperça le ventre pour en sortir indemne ;
sainte Cécile (?) - habituellement représentée avec un instrument de musique, absent ici.


Il faut noter la présence récurrente des livres.
La Vierge Marie, dans la scène de l’Annonciation, est agenouillée devant un livre ouvert. Dans les bras de sa mère, elle lit. 
Sainte Brigitte tient un livre et sainte Cécile lit également. Vraisemblablement il s’agit du même livre, la Bible.
Saint Laurent, lui aussi, est en train de lire et la sérénité dégagée par cette image est remarquable. 
Pourtant, saint Laurent tient dans sa main droite un gril qui rappelle la légende de son martyre (brûlé à petit feu sur un gril).

Marie-Madeleine est reconnaissable par le vase de parfum, blanc comme le marbre, qu’elle tient dans sa main. 
C’est un rappel de la scène biblique dans laquelle elle verse le parfum sur les pieds du Christ.


« Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, 
et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum. »
[Jean 12, 3]